Sous Balme

Les zinzins des cimes.

Cette cavité peu connue s’ouvre dans les gorges de la Valserine. Peu connue et pour cause, car y plonger ne relève pas de la sinécure. L’accès est particulièrement esthétique mais particulièrement physique aussi. Deux solutions, pour accèder à l’entrée de la cavité, par le haut ou par les bas. L’entrée se situe à peu près à mi hauteur, sur le flanc gauche des gorges dans le sens du courant. Par le haut, il est nécessaire de jouer les équilibristes et descendre en partie sur corde, par le bas, il faut marcher, assez longtemps, après être allé le plus loin possible sur le chemin réservé uniquement aux véhicules tout terrain. Quoi, un vrai portage de spéléo, avec plusieurs allers et retours pour acheminer tout le matériel. Ensuite, car l’affaire n’est pas terminée, il faut descendre dans la grotte pour atteindre la « plage » et enfin pouvoir se mettre à l’eau. Une soixantaine de mètre seulement, sans progression sur corde, juste quelques passages un peu étroit et un peu de désesclade, quelques passages à quatre pattes. Voilà, pour la mise en jambes. Il s’agit plus d’une cheminée d’équilibre car la véritable résurgence se situe plus bas, au niveau du lit de la rivière mais elle est impénétrable. Cette cheminée est excessivement capricieuse et le niveau d’eau monte ou descend très rapidement, réellement à vu d’œil.

Pour la partie plongée, le siphon n’est pas très large, l’eau est très froide, 4 à 6° et ça devient assez profond très rapidement. En bas du puits, il y a un laminoir qui descend de moins 56 mètres à environ moins 75 mètres pour ressortir dans une petite galerie. Dans cette galerie basse, nous n’avons pas trouvé l’arrivée d’eau mais nous avons en revanche bien localisée la partie avalante qui ressort dans la Valserine et qui s’enfonce encore plus profondément sous terre. L’exploration n’est pas terminée mais la motivation, pour notre part est quelque peu entamée. C’est une plongée rugueuse.

La petite histoire.

Les premiers traces écrites au sujet de cette grotte datent de 1900. Ensuite le SSS commence l’exploration en 1968. Les premières plongées remonteraient à 1977. Le GGK, le Glou Glou Klan, composée de Jean Vigny, André et Marie Rose Pahud, Jean Luc Mas explore le siphon jusqu’à moins 52 mètres. En 1985, Philippe Bigeard y a plongé jusqu’à –55/-60, à l’air et en humide. Il est ressorti en rembobinant son fil. Ensuite Olivier Rodel, un Suisse, a plongé le siphon, jusqu’à moins soixante-dix mètres, à l’air aussi. A priori il aurait franchit le laminoir en décapelant son bi dorsal.

L’équipe Bulles Maniacs a repris l’exploration entre 2002 et 2008. Lors de la dernière pointe, pe deseigne s’est arrêté dans une galerie aval aspirante à 82 m de profondeur et à 110 mètres de l’entrée.

Données techniques :

Localisation : Dans le village de Chézery Forens, dans le département de l’Ain, (montagnes du Jura) en France.

Accès :

Spécificités :

Longueur totale: 180 mètres

Longueur noyée : 110 mètres

Longueur exondée :

Profondeur Maxi : 82 mètres

Nombre de siphons : 1

Nombre de salles :

Équipement : Sidemount

Topographie :

Croquis d’exploration.

Anecdotes :

Nous avons connu cette cavité par Bibige* qui quelques années plus tôt, était venu de Lyon, en mobylette, avec tout son équipement de plongée, bouteilles comprises, évidemment. Après cette chevauché fantastique, il avait effectué le portage, seul et une incursion dans ce fond de grotte austère. Ayant sans doute mal compris les indications, nous avons cherché l’entrée, des heures, sans rien trouver. Bien évidemment, nous cherchions du mauvais côté, sur l’autre rive de la rivière. Lassé de ces échecs, je traversais la Valserine et en fin d’après midi, nous avons enfin repéré les signes distinctifs et la gueule noire de la cavité.

Lors d’un de nos périple, un matin, nous n’avons pas retrouvé notre matériel entreposé la veille sur la « plage ». Tout du moins, le matériel n’avait pas bougé dans la nuit, personne ne nous l’avait dérobé. Mais en revanche, le niveau de l’eau était monté d’une bonne dizaine de mêtre pendant la nuit. Une averse dont, une fois de plus, nous avions sous estimé les effets a produit une montée des eaux rapide et inattendue ruinant tous nos espoirs d’exploration. Par chance, ils nous restaient suffisamment de matériel dans les voitures pour envoyer un plongeur afin de tout repêcher.