Presque mort.

Au sujet de l’oedème pulmonaire d’immersion. Article paru dans le n°17 d’Octopus.2 en Septembre 2013.

Les neuf vies du plongeur spéléo.

La première fois où j’ai failli y passer, j’avais cinq ans. Un peu jeune pour mourir, mais je le sais aujourd’hui, la mort ne s’embarrasse pas de ce genre de détails. Pressé de retrouver ma grand-mère, j’ai bondi sur la route, entre deux voitures stationnées. Au même moment, une 4L arrivait pas très vite, mais si proche. Je me jetais en arrière, tombant sur les fesses, une jambe repliée et une autre à plat sur la route. Et je regardais incrédule la voiture me rouler sur la guibolle. Par chance, je n’ai rien eu, à part une douleur assez vive et la peau un peu rougie. Plus tard, j’ai vécu deux ou trois autres incidents sérieux, certains sans le savoir d’ailleurs. Pour la plongée, je le sais, cela n’arrive pas qu’aux autres…! Forcément, depuis dix-sept ans que je plonge sous terre, j’ai déjà rencontré des situations scabreuses. Je sais qu’à chaque plongée engagée, le risque d’y rester est bien présent. Je ne me suis jamais menti à ce sujet. D’ailleurs assez souvent, lorsque j’en parle avec mes camarades de plongée, cela jette un froid. La plupart des gens et des plongeurs ont du mal à accepter cette idée. Parfois, ils refusent d’en parler, ils n’acceptent pas cette probabilité où alors ils trouvent des arguments, souvent irrecevables pour contourner cette éventualité. Pourtant, partir en exploration sous terre, c’est aussi d’une certaine mesure se rapprocher un peu de la mort.


Je ne crois pas sous-estimer le danger, ni m’habituer aux risques de notre activité. Je les connais, je m’en méfie, d’autant plus que certaines négligences passées ont agi comme des piqûres salutaires de rappel. Je fais tout et plus encore pour réduire le risque à son minimum. Mais là, le danger est venu par là où je ne l’attendais pas. Un coup bas, une traîtrise inqualifiable…! Une très mauvaise surprise…! Cette mésaventure estivale n’est pas liée à une faute majeure où à une négligence outrancière ! Non juste au temps qui passe…! On a toujours l’impression d’avoir vingt ans, surtout dans la tête. J’ai mûri un peu, je ne commets plus certaines erreurs. Mais en revanche, la carcasse montre des signes d’usure. Les signes ostentatoires, je les connais, je fais avec. Mais il en est d’autres, invisibles que je ne soupçonnais pas…! Ils se sont manifestés violemment lors de cette belle journée ensoleillée de juillet…! Un peu comme un coup de pied entre les jambes ou d’un coup de poignard dans le dos. Voici l’histoire de ma dernière plongée…!

Une fois de plus, j’ai retrouvé l’ami Hervé Cordier pour nous lancer dans l’exploration de la source du Gouron. Cette source sort dans le lit de la Loue, dans le Doubs. Le récit de Jean Jaques Bolanz sur cette exploration m’avait donné une envie farouche d’aller dans le sixième siphon ce qu’il y avait à découvrir au bout du fil tiré par John Volhanten…! Seul le passage du premier siphon, au niveau plongée, présentait quelques difficultés. Cinquante trois mètres de profondeur, dans une eau à 9°, avec un équipement très moyen et une visibilité le plus souvent médiocre. Ensuite, après être sorti du siphon, il est nécessaire de marcher longtemps, de descendre, de remonter, de plonger à nouveau, des siphons plus courts et moins profonds. Pour cette raison, j’avais opté pour une stratégie basée sur la vitesse et la légèreté. Je comptais franchir le premier siphon en propulseur, en combinaison humide, afin de ne pas perdre une heure en habillage et déshabillage. Ça n’est pas la première fois que je plonge en humide sous terre. Je n’aime pas ça, mais ça va le faire. Qui aime avoir froid ? Mais je mise sur la vitesse de franchissement pour ne pas me transformer en glaçon. Enfin, pour la légèreté, tout est relatif. Mais pour nous plongeur spéléo, nous n’envisageons pas les choses tout à fait de la même manière. Une première plongée était donc prévue pour déposer des bouteilles et du matériel à l’entrée du cinquième siphon. Ensuite, lors d’une seconde plongée, nous devions aller explorer la suite de cette rivière souterraine.

Donc, tout est prêt pour la grande balade. Je suis en super forme, je cours deux à trois fois par semaine, je ne traîne pas de fatigue accumulée. J’ai peaufiné l’équipement, vérifié tous les gaz, préparé le recycleur avec soin et minutie. Je n’ai rien laissé au hasard. Mon recycleur Joky est donc monté en dorsal, pour ce type de plongée, cela permet d’aller plus vite pour l’équipement. J’emporte une bouteille S80 de sécurité, deux bouteilles de 4 litres pour les prochains siphons et deux bouteilles de 6 litres en carbone 300 bars et un sac avec cordes et équipements spéléos. Oui, je vous l’accorde pour la légèreté, j’ai fait mieux. Mais j’ai fait pire, bien pire. Je suis tracté par un propulseur, les batteries sont neuves et il est puissant.

Dès la mise à l’eau dans la Loue, je sens le froid. Sensation inhabituelle, car nous plongeons presque toujours en étanche. Je rentre dans la cavité et je descends assez rapidement la pente de galets. J’attends Hervé une première fois et je continue. Je m’équilibre, ma bouée dorsale est bien gonflée. Dans la galerie basse, j’ouvre en grand malgré une visibilité très médiocre. J’attends Hervé, une seconde fois. Il arrive et je repars à fond la caisse. Pas question de s’éterniser dans la partie basse, à 53 mètres. Je sens le froid, mais je n’ai pas froid. Disons que je ne tremble pas, je ne grelotte pas. J’ai les idées claires, je respire un Trimix. A cette profondeur et vu les conditions de plongées, je ne regrette pas l’option Hélium…! L’équipement de la galerie est déplorable, plusieurs fils sont regroupés ensemble, c’est déjà pas mal. Mais en principe c’est une galerie, un fil. Mais là, pas le temps de m’occuper de ça. Hervé ne suit pas, je ne l’attends pas, je fonce. Je ne veut pas avoir froid. Je suis parfaitement équilibré, lourd et encombrant mais équilibré. Je ne palme pas ou à peine. Le propulseur me tracte sans problème. La plongée se déroule comme prévu…!

Dans la partie basse, je commence à tousser. Je n’y prête pas spécialement attention. Je commence aussi à respirer un peu moins bien. Je mets ça sur le compte de l’effort fourni. Même si je ne palme pas, je me contracte sur le propulseur, pour tenir un équilibre, pour gérer mes charges. J’entame la remontée et je quitte la zone profonde. Je suis resté peu de temps dans cette partie de la galerie, l’ordinateur affiche peu de paliers, ils vont d’ailleurs disparaître lors de la remontée. Je tousse de plus en plus et je respire de plus en plus mal. Et je ne comprends pas vraiment pourquoi…? Je commence à m’essouffler, ça arrive lorsqu’on est trop chargé. J’essaie de reprendre le contrôle, comme d’habitude. Mais ça ne sert pas à grand-chose. Dans la zone des 25 mètres, je palme. La galerie remonte trop rapidement pour utiliser le scooter et je dois quand même y aller tout doux pour évacuer l’hélium. Je reste concentré sur ma plongée, mais plus je remonte, plus la situation se dégrade. Le gaz se dilate dans la boucle du recycleur, je le laisse s’échapper, comme d’habitude. Mais là, ça n’est plus du tout comme d’habitude. Je sens que ça dérape. Je ressens de plus en plus de difficultés à respirer, je me sens oppressé, asphyxié. Je remonte encore, la sortie du siphon se rapproche, je n’en ai plus pour très longtemps. Je suis seul, Hervé est plus loin, derrière, mais ça aussi en plongée souterraine, c’est normal. Dans la zone des 15 mètres, je n’en peux plus, je ne parviens plus à respirer normalement sur le recycleur. Je subis un essoufflement sévère. Je dois passer en circuit ouvert. Je respire sans retenue sur ma bouteille de sécurité. Je repars avec le propulseur, la galerie remonte doucement. Je respire toujours aussi mal, je n’ai qu’une seule idée en tête, sortir de l’eau, sortir de ce fichu siphon. Je n’ai pas froid, disons que je ne sens pas le froid. Mon cerveau et mes pensées sont envahis par un sentiment de détresse, ventilatoire et psychologique.

Je me rapproche de la sortie, mais mon état continue à empirer. Je respire n’importe comment, c’est l’anarchie totale. Je ne comprends pas pourquoi je suis dans cet état. Je n’ai pas palmé, je suis repassé en circuit ouvert, je respire à fond, ça devrait passer. Je commence à vraiment me sentir mal. Sans aucune logique, je cherche à tout prix à me délester de mes sacs, celui avec les deux bouteilles de quatre litres et l’autre avec les cordes. Je veux m’alléger afin de retrouver plus d’aisance. Je gigote, je me débats pour essayer de décrocher tout ça. Je manque totalement de lucidité, je pars en sucette. Je commence à perdre le contrôle de la situation. Je sens la panique se glisser sous la porte et se répandre dans mon esprit. J’ai l’impression de vivre un cauchemar, le pire moment de ma vie.

Je commence à suffoquer, je suis à la limite de la noyade. Soudain, l’intensité lumineuse baisse, comme si toutes mes lampes s’éteignaient doucement, en fin de charge. Je vois comme un effet tunnel, gris sombre, presque noir. Je pense à mes enfants, Pauline et Ugo. Je sors de mon corps, je me vois allongé, inerte sur le sol, les lampes de mon casque allumées. J’imagine la scène que va découvrir Hervé dans quelques minutes. J’imagine ce qu’il va endurer, ce que les sauveteurs vont vivre. Je sens que cette fois, ça y est, je suis à deux doigts de crever. Je sens la mort si proche, à quelques secondes. Je me sens mourir, je sais que je suis presque mort, la panique explose. La peur et le stress rendent idiot, depuis quelques seconds, j’agis en dépit du bon sens. Je vais crever, je sens ma vie sortir de mon corps, je sens l’imminence inéluctable de cette fin.

Et là, dans une sorte de sursaut de vie, dans un accès de rage, je décide que non, ça n’est pas possible. Je ne crèverais pas aujourd’hui, pas ici, pas comme ça. C’est trop con de mourir là, dans ces conditions. C’est hors de question. Je ne crèverais pas aujourd’hui. Je parviens à retrouver ma lucidité. Mon cerveau fonctionne à nouveau normalement. Je parviens à organiser mes pensées, à reprendre le contrôle de la situation, in extremis. J’attrape ma six litres d’air que j’ouvre en une seconde. Je crache le détendeur de la S80 de Trimix et je me colle le détendeur dans la bouche. Je m’allonge, je m’immobilise totalement, je ferme les yeux, je ne bouge plus. Je vais chercher au plus profond de moi, le calme, la plénitude dont j’ai besoin pour vivre, pour survivre. Je laisse la mort me survoler, m’effleurer. Ça y est, elle a bien compris qu’elle ne m’attraperait pas aujourd’hui. Moi aussi, je le sais, ça y est je suis sauvé, pour l’instant. Je me calme, je respire normalement. Hervé arrive, j’aperçois ses lumières, je me retourne à peine pour le regarder. Je suis quand même très mal. Très très mal. J’ai repris le contrôle de la situation, mais je sais que ça ne tient pas à grand-chose. Je ne prends pas la peine de discuter avec Hervé, je n’ai qu’une idée, sortir de là, vite, maintenant, tout de suite. Une question de vie ou de mort. Et puis, il va me suivre et nous allons nous retrouver dans un instant à la sortie du siphon. J’enclenche le scooter et en effet moins d’une minute plus tard, je sors la tête de l’eau dans la grande salle au bout du premier siphon. Sauvé…!

En piteux état mais vivant, survivant…! Je dépose toutes mes charges, bouteilles, sacs. Je me déséquipe, je sors de l’eau. Autant sous l’eau j’ai supporté le froid sans trembler, autant maintenant, je grelotte des pieds à la tête. Je suis seul dans une salle rectangulaire, sombre, humide et silencieuse. L’endroit est joli, mais aujourd’hui, je reste assez hermétique aux beautés souterraines. J’ai juste le sentiment d’être enfermé dans une sorte de sarcophage minéral. Je marche un peu, mais je suis incapable de fournir le moindre effort. Je tousse, je m’essouffle au moindre mouvement. Je ne comprends pas ce que j’ai, je ne mets aucun nom sur cette crise. Je respire de l’oxygène sur mon recycleur et là, je sens que ça va mieux.

Hervé ne sort pas…! Et il ne me rejoindra pas…! De toute façon, je ne suis pas certain qu’il puisse faire grand-chose pour moi. Lorsque je suis sorti du siphon, le fil était cassé, mais j’ai vu l’autre bout à quelques centimètres donnant sur la sortie. J’aurais dû l’attacher mais je n’avais qu’une idée en tête sortir. Hervé pensant que j’avais cassé le fil et ne trouvant pas l’autre bout et après m’avoir attendu dix minutes a décidé de repartir. Ce sont nos usages, plongée solo….!

Donc, je suis seul derrière un verrou liquide, à presque 600 mètres de la sortie. Je suis passé à deux doigts de la mort. J’ai un problème respiratoire important, j’ai froid, je suis vidé. Cette crise m’a épuisé. Je respire de l’oxygène sur mon recycleur, je mange et je bois. J’avais emporté des boissons énergétiques et mon kit de survie. Je fais un rapide bilan de la situation et de mon état. Si j’attends là, quoi qu’il arrive les secours viendront me chercher. Mais dans longtemps. Au mieux Hervé plongera à nouveau, il me retrouvera, il m’aidera, mais de toute façon, je devrais plonger pour sortir. J’ai déjà froid alors dans plusieurs heures…!? De plus organiser un secours dans ces conditions, ça risque d’être rock’n roll. J’écarte assez rapidement cette hypothèse.

Ressortir seul, par mes propres moyens…! Je sens que c’est jouable. Et que dans le fond, je n’ai pas trop d’autre solution. Je continue à boire et à récupérer. Je me prépare mentalement à m’immerger à nouveau. Je vais y aller doucement et si je sens que ça ne va pas, je fais demi-tour immédiatement. Mais vraiment je ne me vois pas attendre ici, dans mon état , des heures durant l’arrivée des secours. C’est décidé, je sors tout seul, je m’organise pour une sorte d’auto secours qui a déjà commencé dès ma sortie de l’eau.

Une heure plus tard, je descends à nouveau dans l’eau. J’ai récupéré un peu, je suis calme, je me sens capable de gérer une seconde plongée. Je laisse mes deux sacs, je prends mes deux bouteilles carbone et ma S80. La première plongée a duré 31 minutes, là, je devrais aller beaucoup plus vite, la souffrance sera assez courte. D’autre part, je suis excessivement motivé à l’idée de retrouver l’air libre et le soleil de juillet. Je m’équipe, je fixe les bouteilles, je respire sur le recycleur. Tout va bien. J’allume mes lampes, je me laisse glisser dans l’eau. Je ressens un peu d’appréhension. Je crains que la crise recommence mais bon, je ne vais pas croupir ici. Je respire le plus lentement possible. Je démarre le propulseur et je me laisse entraîner vers le fond.

La plongée se passe bien, le froid m’écrase mais je ne tremble pas. Je me concentre sur ma ppO2, sur le fil et sur ma respiration. Le franchissement de la partie basse s’effectue sans aucun problème. J’arrive en bas de la pente qui va me conduire à la sortie. J’arrête le propulseur, le sol est jonché de galets et de graviers, le plafond est assez bas, inutilisable dans ce contexte. Je remonte lentement, j’ai deux minutes de paliers, autant dire, rien…! Le gaz dans la boucle se dilate et la comédie recommence. J’ai à nouveau du mal à respirer, je laisse le surplus de gaz s’échapper. J’aurais dû repasser en circuit ouvert à cet instant. Mais décidément, je ne suis pas tout à fait dans un état normal. Le froid a dû anesthésier certaines de mes fonctions cérébrales. Je remonte, je n’ai qu’une idée en tête, sortir de là, rapidement. J’oublie volontairement les paliers, vu mon état et vu le peu de minutes affichées, ça ne sert à rien de s’arrêter. Je remonte un peu vite sans doute mais sans pour autant ressembler à une fusée. La lueur du jour s’amplifie, ça y est je sors de la cavité, je suis dans la rivière, je gonfle la bouée dorsale. Je respire toujours aussi mal, mais là, ça n’a plus beaucoup d’importance, je sais que la surface n’est plus très loin.

Je retrouve l’air libre, le soleil et les eaux poissonneuses de la Loue après 21 minutes de plongée. Hervé m’attend au bord de l’eau. Je me laisse tirer par le scooter. Je peine à trouver un appui sur la berge. Je suis à l’air libre et je continue pourtant à étouffer. Je ne retrouve pas ma respiration, je suffoque, en silence. Hervé ne se rend pas tout de suite compte que je suis en train de m’asphyxier à quelques centimètres de lui. Il me demande si ça va …? Le con…! Je tourne la tête de gauche à droite et là, le miracle se produit. Il m’aide, il me déleste de mon matériel, il comprend que je suis à la ramasse…! Je le laisse faire, je tombe le recycleur et je parviens tant bien que mal à retrouver un rythme respiratoire supportable.

Je ne sais toujours pas ce que j’ai mais je suis certain que j’ai un truc pas normal. Nous sortons le matériel de l’eau. Hervé remonte tout au bord de la route. J’essaie de lui donner un coup de main, mais je ne suis pas très efficace. Je lui raconte ma plongée, j’attends en respirant de l’oxygène. Dès que je marche ou que je porte la moindre chose, j’ai l’impression de gravir le K2…! Et Hervé qui est plus au fait des choses de la plongée que moi évoque pour la première fois un OAP, l’œdème aigu du poumon. Une saloperie quoi…!

Bon, je vous passe, les pompiers, le SAMU, le tour en hélicoptère, les CHU de Besançon, le caisson monoplace Comex, mais des premières années. Je vous passe, les prises de sang, les électro, le scanner, la visite amicale du représentant du SSF 25. Ce qui est certain c’est que la chaîne de secours aura été super efficace et d’une gentillesse exceptionnelle. Je ne sais pas s’ils liront cet article, mais je vous remercie tous, pompiers, infirmières et infirmiers, pilote d’hélico, médecins, aides soignantes, vous avez été magnifiques. Ça donne presque envie de revenir vous voir…!

Pour en finir avec cette histoire, je n’ai plus vingt ans. Hervé qui a effectué la même plongée, dans les mêmes conditions, en combinaison humide n’a rien eu. Pas le même âge et pas le même organisme. Je n’aurais pas dû plonger en humide…! Car le froid aura été l’élément déclencheur principal. Mais j’ai plongé en humide et j’ai eu froid si souvent sous terre, sans jamais avoir de problème..! Mais là, combiné avec l’utilisation du propulseur et donc de l’accroissement du flux d’eau sur la cage thoracique, mon organisme n’a pas supporté…! Je le saurais et maintenant, l’étanche sera toujours de rigueur…! Je m’en tire bien, j’ai retrouvé ma famille, ma femme et mes enfants, mes copains. Je remercie toutes celles et tous ceux qui m’ont soutenu dans cette « aventure ». J’ai reçu de très nombreux messages, de nombreux coups de fil, de très nombreux témoignages de sympathie de la communauté. Je vous remercie tous car ça m’a vraiment touché… !

Je n’ai pas de séquelles, je dois attendre encore un peu avant de remettre la tête sous l’eau. C’est un coup dur mais je crois que je suis verni. Je m’en tire très bien, je vis comme avant. Je replongerais dans quelques mois. Je tire de cet accident et de cette période de repos imposé, de nombreuses richesses. Évidemment, je perçois la vie un peu différemment. Le soleil a un peu plus d’intensité, le ciel est un peu plus bleu. Les tracas quotidiens sont devenus un peu moins pesant. Ça m’offre l’occasion de réfléchir, de relativiser de nombreuses choses, de prendre du recul. Avec cette pause dans ma quête souterraine, j’en profite pour faire d’autres choses, pour préparer mes futures plongées et mes prochains projets liés au monde souterrain. Et ils sont très nombreux. Enfin, je ne sais pas nous avons neuf vies comme les chats, mais là, si tel est le cas, je viens d’en griller une de plus. Je devrais peut-être faire le comte de celles qu’il me reste ?

Publications :

Revue Médicale Suisse.