L’exploration souterraine.

Pour revenir sur l’exploration et plus particulièrement l’exploration souterraine, au moins un point commun relie les chercheurs, scientifiques, spationautes, océanographes, spéléologues, c’est le désir de savoir, de connaître. C’est sans doute pour cela que l’humanité a basculé dans autre chose que la très respectable vie « animale ». La où bon nombres d’êtres vivants s’arrêtent à la limite infranchissable de leurs capacités, nous avons imaginé autre chose, afin de trouver le moyen de satisfaire notre curiosité incontrôlable. Comme dans chacune de nos actions, il y a du bon et du moins bon, mais cette curiosité nous pousse parfois au delà de la raison à tout mettre en œuvre pour la satisfaire.

Dans la pratique de l’exploration souterraine, je dis bien de l’exploration et non pas de simple promenade, il existe plusieurs approches. L’une assez répandue, consiste à s’enfoncer dans l’inconnu, le plus loin et le plus profond possible. Certains se contentent d’afficher leurs paramètres de plongée souvent très impressionnant et de partager la vidéo de l’exploration. Dans cette catégorie, certains, pas très nombreux, s’activent pendant de nombreuses années. Mais beaucoup, ne font que passer, ils défraient la chronique avec des plongées souvent époustouflantes, puis ils se lassent rapidement et ils disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus. Des étoiles filantes en quelque sorte. D’autres, travaillent laborieusement, ils explorent, ils collectent, ils topographient, ils photographient, ils documentent et ceci pendant des années. Là, deux solutions, certains gardent tout pour eux, pour leurs raisons propres, ce qui au final et de mon point de vue annihile leur travail, hormis pour leur plaisir personnel. D’autres partagent, par des publications et maintenant via le Internet qui est un vecteur de communication et de partage fantastique.

Car l’exploration ne se résume pas (de mon point de vue) à la simple découverte de l’inconnu. Une cavité n’existe que si elle est cartographiée, tout du moins pour exister pour le reste de la communauté. Et le bonheur est autant de découvrir que de partager avec les autres ces découvertes, par des récits, des dessins, des photos et des vidéos. La véritable et authentique exploration souterraine est un travail laborieux, fastidieux et il est souvent plus facile de s’affranchir de certaines contraintes. Car effectuer une topographie soignée demande du temps pour relever les paramètres in situ mais aussi pour les reporter et pour dessiner la cavité.

Les explorateurs qui durent, qui gardent le cap durant des années, se comptent sur les doigts de la main. L’un des plus bel exemple serait Jean Jacques Bollanz*. Les années blanchissaient sa barbe et ses cheveux mais il conservait le même enthousiasme, la même envie de découvrir et de partager un travail bien fait.