La beauté des lieux.

Une question nous est souvent posée, « mais que voyez vous la dessous ? », avec en sous entendu « rien », évidemment. Notre réponse peut elle être totalement juste, sans être imprégnée de notre émerveillement subjectif ? Pourquoi la nature, la terre ne serait elle pas aussi belle, aussi luxuriante, aussi austère, aussi douce ou aussi dure qu’en surface ? Elle est profondément différente mais elle peut être tout aussi merveilleuse, spectaculaire et surprenante, à vous en couper le souffle. Pour être honnête, toutes les cavités ne sont pas belles, certaines n’offrent pas de grand intérêt esthétique mais d’autres… ! Rien à voir, pour la faune et la flore oui pas grand chose. Sans lumière, les végétaux sont quasiment absents, tout comme la vie animale, réduite à sa plus simple expression. Mais dans de nombreux cas, l’architecture cavernicole offre une variété et une démesure de formes, en passant du plus intime au plus démesuré. Dans les plus grandes salles souterraines, il serait possible d’y construire un gratte ciel, d’y voller en mongolfière. Dans les galeries noyées, lorsque l’eau est limpide, il est jouissif de s’arrêter, de prendre son temps et de glisser dans la contemplation. En apesanteur, sans effort, loin de tout, la force et la beauté des paysages souterrains illuminés par nos lampes puissantes deviennent des spectacles d’une beauté incommensurable. Vous retenez votre respiration, le temps ralentit et les images s’impriment dans votre être. La beauté des lieux influent profondément sur votre esprit et sur votre vision du monde. Nul part ailleurs, j’ai ressentie cette impression paradoxale de l’infiniment petit et de l’infiniment grand, de l’instantané et de l’éternité. Chacun trouve ce qu’il apporte, très certainement mais ici nos repères sont perturbés, nos certitudes peut être aussi. Le temps et l’espace se transforment, ils se relativisent, tout du moins notre perception est altérée. Pour en revenir à des considérations plus terre à terre, les formes, les couleurs, les types de roches sont infiniment variées, au sein d’une même galerie, il est possible de traverser plusieurs types de calcaire. La morphologie varie à l’infini, petite ou démesurée, verticale, en pente, étroite, haute, basse sous plafond, lisse comme un tube ou découpée, acérée, une infinie variété de formes et de nuance.