L’harmonie.

L’harmonie ne se rencontre pas tous les jours, elle est même très difficile à atteindre. La tension peut parfois nuire à l’effet jubilatoire ressenti pendant certaines explorations. Car il faut être détendu mais pas trop, concentré et vigilent sans jamais s’abandonner complètement à l’extase sous peine de sombrer dans l’erreur et de basculer brutalement dans le rouge. Mais lorsque la magie s’opère, on touche du doigt une dimension à peine descriptible, une sensation très personnelle. Seul dans un siphon immense, illuminé avec une au limpide, loin de l’entrée, loin de la civilisation, seul, profondément seul, profondément bien. En apesanteur, affranchi de la gravité, dans le silence minéral presque total, juste le bruit de son souffle, de son corps. Le sentiment de n’être qu’une particule insignifiante, au centre de la terre, de percevoir aussi le temps infini, un espace confiné mais aussi l’immensité de l’univers. Sentir le si petit et l’infiniment grand, l’instant et l’éternité, se sentir aux limites de l’espace et du temps, ne presque plus savoir si l’on se trouve dedans ou loin dans l’espace et de ressentir brutalement la présence de tout cet espace infini en soi, si profondément, si intensément. S’enfoncer dans ces galeries noyées, le plus loin possible, c’est sans doute effleurer un peu les origines du monde, le temps immémorial.