Octopus.2. n°15. L’Engagement.

L’engagement.

Lors d’une de mes dernières explorations, j’ai eu à franchir deux étroitures, assez sélectives. Dont une dans une trémie pas vraiment rassurante. Dans cette dernière, je suis parvenu à déplacer certains blocs qui obstruaient le passage, ouvrant une voie, très tenue par laquelle je me suis faufilé pour aller un peu plus loin. Avant de m’engager dans cette ouverture, j’ai tout même vérifié que l’entreprise n’était pas suicidaire. Elle ne l’était pas car je suis encore ici pour vous parler de mes préoccupations cavernicoles. Cette trémie me semblait suffisamment sur pour que je m’y engage, mais qu’est ce que j’y connais en stabilité de trémie ? Pas grand chose dans le fond. Mon analyse était elle totalement objective, avec cette envie farouche d’aller de l’autre côté ?

Cela amène à nouveau à la réflexion sur le risque. Plonger sous terre, en exploration expose à un risque indéniable. Cette notion d’engagement est un facteur déterminant dans l’attitude du plongeur souterrain, du spéléologue en progression dans une cavité inconnue. Est il possible d’ailleurs de conduire des explorations sans s’engager physiquement et mentalement ? Cette notion nous la retrouvons dans tous les sports ayant pour terrains de jeu la nature, course au large, alpinisme, escalade, etc… Atteindre et dépasser les limites connues, quelles qu’elles soient, demandent forcément une prise de risque, variable selon le contexte et selon le degrés de précaution appliqué par l’explorateur. Sans parler de cette nature que nous ne contrôlerons jamais et c’est tant mieux.

Alors malgré ma femme et mes deux enfants, malgré ma famille, mes amis et l’attachement à la vie, malgré cela, je passe dans une salle d’effondrement et dans une trémie pas forcément des plus rassurantes. Je m’expose et je m’engage, « raisonnablement ». Malgré cela, je m’enfonce loin ou profond dans certaines cavités, avec des difficultés techniques notoires et pas forcément des plus rassurantes, comme des étroitures profondes, des profils de plongées très hasardeux, des retours sans visibilité. A chaque fois, j’essaie de garder le contrôle, d’avancer à ma mesure et de limiter l’exposition au maximum. Mais dans le fond, je le sais bien, le risque zéro n’existe pas et je sais aussi très bien que cela n’arrive pas qu’aux autres. La passion, la curiosité sont plus fortes que toutes les voix de la raison, de la prudence. Si je les écoutais ces voix, je ne sortirais pas de chez moi ou alors avec des précautions infinies. Je mettrais toujours un casque, un gilet jaune fluo. Je roulerais toujours 10 à 20 kilomètres en dessous des limites imposées. Bien évidemment, je ne plongerais pas, je ne mangerais pas trop, je ne fumerais pas, je ne boirais pas, je ne me coucherais pas trop tard. Quoi, dans le fond, je mènerais, à mes yeux, une vie morne et monotomne, d’un ennui mortel. Une existence sans doute bien plus dangereuse dans le fond que celle que nous menons, nous les explorateurs, dans nos trous sombres, froids et sublimes… !

L’engagement est toujours relatif et pas forcément proportionnel à la distance et à la profondeur atteinte. Relatif selon la sensibilité et les critères de chacun, selon les compétences techniques, selon le niveau de pratique, selon la capacité de gérer des situations difficiles. Il s’agit d’une variable, liée à des données objectives autant que subjectives. En effet cet engagement peut varier d’un jour à l’autre en fonction du moral du plongeur. Certains jours, nous avons la caisse et d’autres, nous sommes moins en verve. Dans ce cas, notre capacité à bien réagir et à bien supporter le stress d’une plongée engagée s’amenuise et inversement l’engagement devient plus fort.

D’autre part, une plongée « normale » en France peut devenir une plongée très engagée à l’autre bout du monde, dans des conditions différentes. En effet, au fin fond d’une forêt primaire ou dans un pays sans aucune infrastructure de secours (spéléo ou hyperbare), la notion d’engagement devient tout de suite beaucoup plus forte. En cas de pépin, les moyens mis en œuvre pour assurer un hypothétique secours seront dérisoires. Au même titre que les moyens de traitement d’un accident de décompression sont inexistants. Où encore, comme pour nos plongées dans le sud de la Chine, dans l’immensité noyée souterraine, la recherche d’un plongeur « perdu » dans de tels vides devient plus qu’aléatoire. En effet les moyens dont nous disposons seraient presque futiles dans le cas d’une recherche. Ca ressemblerait à l’histoire de l’aiguille dans la meule de foin. Tout de suite, une plongée « banale » prend une autre saveur.

Pour ces raisons, l’engagement est difficilement quantifiable. Et d’ailleurs ça n’est pas forcément la chose la plus intéressante dans cette réflexion. Ce qui me semble intéressant c’est cette faculté que nous avons à supporter et à gérer cet engagement afin de conduire quoi qu’il arrive nos explorations.

Je pense que pour la plus part d’entre nous, la progression qu’elle soit technique ou psychologique s’effectue par étapes. Certains prennent leur temps, d’autres les franchissent quatre à quatre. Je commence à « durer » un peu dans le barnum cavernicole, assez pour observer avec un peu de recul certains phénomènes. Notamment celui de la fulgurance. En effet, certains plongeurs, explorateurs apparaissent sur le « devant de la scène » assez rapidement. Ils réalisent assez rapidement des explorations de « folies », ils entrent dans la « légende », à juste titre et après quelques années, ils disparaissent à nouveau dans l’anonymat du monde aérien, quittant parfois définitivement les affaires souterraines. Les motivations pour arrêter brutalement une si belle « carrière » varient selon chacun, vie privée, vie professionnelle, maladie, usure prématurée. Oui ça use l’exploration souterraine, ça tape sur le bonhomme et tout le monde n’a pas l’endurance et la tenacité d’un Freddo Poggia qui continue presque dans un anonymat total à conduire depuis 40 ans des explorations « couillues » que même des jeunots à peine sortis de l’adolescence auraient du mal à suivre.

Donc une des clefs sans doute pour supporter cet engagement et pour le gérer, réside dans la vitesse de progression, dans la capacité à gérer son rythme. Biologiquement et intellectuellement, j’appartiens à la catégorie des laborieux, ceux qui prennent leur temps pour réaliser et assimiler les choses. Comme cet étroiture à l’Orbiquet, certains l’auraient passée du premier coup. La première fois j’ai laissé tomber et après quelques mois de réflexions, je me suis dit que tout compte fait j’allais essayer de la franchir. Chacun son rythme… ! Mais bon voilà, d’après ce que je vois, ceux qui s’apparentent à des coureurs de fonds, semblent mieux résister aux affres du temps. Pour beaucoup, les explorations n’ont pas forcément le côté spectaculaire des « roc stars » éphémères, moins profondes, moins « médiatiques », mais néanmoins, dix, quinze ou vingt ans plus tard, ils sont toujours là, à leur rythme à déflorer les cavités de l’hexagone ou d’ailleurs. Pour ma part, cette manière de faire, permet de lever le pied quand la pression (quelle que soit son origine) devient trop forte et de reprendre ensuite pour à nouveau tenter d’aller plus loin.

Globalement, nous acceptons tous une part de risque, nous tentons de la maîtriser le plus possible et nous n’hésitons pas à nous engager, plus ou moins selon chacun, pour aller toujours plus loin. Les limites évoluent selon les occasions, selon l’humeur du jour. Il est évident que célibataire et sans enfants, j’aurais agi différemment. Je me suis « débalonné » à plusieurs reprises en pensant à ma femme et à mes enfants. Je ne sais pas s’il s’agit du poids affectif, d’un certain sens des responsabilités, d’une sorte de crainte incontrôlable de perdre ceux qu’on aime ou de leur faire subir une douleur trop forte en cas de pépin, mais en effet j’ai renoncé parfois en pensant à eux. Seul, j’y serais très certainement allé.. !

Seul enfin, je consacrerais plus de temps et plus d’énergie à cette activité, mon engagement et ma détermination seraient plus importante. Certains « push diver » de la communauté sont dans ce cas de figure et en effet, ils peuvent plus librement s’engager dans l’exploration souterraine. Tant au niveau du temps et des moyens que de l’engagement à proprement parlé, de la faculté à s’exposer à une prise de risque plus importante que la normale.

Alors cette notion de « normalité » est aussi une variable, car bien évidemment la normalité des uns n’est pas forcément celle des autres. Dans ce contexte, il est possible de prendre comme point de référence, l’usage commun où les pratiques enseignées et appliquées par un groupe, une « chapelle », une école. Il existe plusieurs tendances avec chacune ses certitudes et surtout chacune ses habitudes, sa logique et ses techniques. A partir de là, certains ne transgressent jamais les régles, ils les respectent à la lettre, à la virgule et au point près… !

L’engagement peut commencer par une forme d’adaptation, de transgression, de modification des règles techniques de bases, réfèrentes afin de gagner quelque chose. Les motivations peuvent être variées, manque de moyens, manque de coéquipier, esprit innovateur, évolution technologique… En effet trop de sécurité peut tuer la sécurité. Se préserver à tout prix, vouloir tout planifier, doubler, tripler la redondance, peut conduire à des organisations si lourdes qu’elles peuvent en devenir dangereuses ou périlleuses. La rapidité et la légèreté valent dans certains cas bien mieux que la lourdeur et la lenteur d’une organisation « massive ». Tout dépend des bras à dispositions pour déployer les moyens mis en œuvre.

Dans cette logique d’économie et de légèreté, les solutions de secours sont souvent allégées, mutualisées et tout le superflus est éliminé. En cas d’incident grave, le plongeur explorateur peut rapidement se retrouver dans la zone rouge. L’expérience, le contrôle de soi et sans doute une part de chance non négligeable l’aideront à sortir du pétrin.

L’apparition des recylceurs, couplés aux propulseurs, conduisent très rapidement à un engagement prononcé. En effet, il est difficile d’assurer une redondance cohérente avec ses appareils où nous allons très vite loin et profond. Confiant dans nos machines, nous avons sans doute tendance à réduire un peu trop la sécurité, notamment en circuit ouvert. Ensuite à partir d’une certaine distance et d’une certaine profondeur, il devient à nouveau très lourd d’assurer une sécurité en circuit ouvert Seul de très grosses équipes y parviennent au pris d’une débauche de matériel, de plongeurs et de plongées. Pour ma part, au pur niveau technique et intellectuel, je suis plus séduit par la logique tout recycleur quand il est possible de la mettre en œuvre. Plonger avec deux machines est une étape décisive dans l’évolution technique d’un plongeur souterrain. Cela implique des adaptations, une évolution et le contrôle des deux machines. Mais de plus en plus, les explorations longues distances sont conduites de la sorte. Comment faire autrement. A ce stade, la notion d’engagement est très forte. En effet, si un recycleur tombe en panne, il n’en reste plus qu’un seul, pour tout le retour. Gloups… ! En circuit ouvert, en respectant les procédures, il est possible de sauter un relais et de continuer sur les autres. En recycleur, ça devient impossible, à moins de prévoir une troisième machine. Mais là, à nouveau, à l’heure actuelle, personne ne met en œuvre cette technique. Seul Olivier Isler avec son RI 2000 pouvait dans certaines conditions plonger avec 3 reccyleurs en autonomie totale. L’hydrodynamisme n’était pas au rendez vous et l’utilisation de propulseurs indispensables.

La solution est aussi basée sur la mutualisation des ressources. En effet lors de plongées très engagées, les plongeurs explorateurs partent à plusieurs, trois voir quatre plongeurs. En cas de défaillance d’un appareil, il en reste toujours d’autres pas très loin. Il en est de même pour les propulseurs.

L’engagement peut aussi lié au contexte du site exploré. Il y a quelques années, nous avons mené l’exploration d’une résurgence ingrates et un tantinet difficile. Elle offrait un peu tout ce qu’un plongeur sain d’esprit chercherait à éviter. Des étroitures, six au total, des vraies, des sévères. Ce qui signifie douze franchissement en incluant le retour. Une visibilité quasi nulle au retour, avec parfois une certaine incapacité à lire les instruments. Ce qui signifie aussi le franchissement des étroitures en aveugle… ! Elle offrait de la profondeur, trois point bas, 36, 49 et 72 mètres, avec une bonne partie dans la zone des 40 mètres. Elle offrait un profil yo-yo, avec des points hauts à 9 mètres, un peu de distance, environ 580 mètres. Et enfin un parcours cahotique, sinueux, joueur et avec une roche fragile et accrocheuse. Un vrai bonheur… ! Alors, à bien y réfléchir, 580 mètres de distance, ça n’est vraiment pas grand chose. Et bien, je peux vous garantir que ceux là ils me semblaient bien plus long que la normale. Dans une galerie simple, sans complication, cette distance ce parcourt en quarante minutes environ. Là, pour atteindre le point le plus éloigné, je mettais à peu près le double de temps… !

L’impacte de la profondeur, des montagnes d’argile, d’un retour dans la touille totale et surtout la négociations des six étroitures avant de retrouver le soleil et le ciel bleu pesèrent assez lourdement sur mon psychique lors de ces explorations. Je me suis senti bien plus loin et bien plus profond que la « normale »… ! Ici, peu de place à l’erreur. Perdre le fil dans les grandes salles noyées du fond, c’est presque signer son arrêt de mort. Je ne compte plus les dizaines de fois où je me suis retrouvé coincé dans les étroitures, retenu vicieusement par un rognon de roche, par le fil lui même, par trop de matériel.. ! Cette exploration n’a rien de spectaculaire, ni en distance, ni en profondeur, pourtant, elle demande, comme tant d’autres, un véritable engagement pour accepter et passer au delà de toutes ces barrières physiques et psychologiques. C’est un peu une plongée sur le fil du rasoir où les marges de sécurité peuvent s’amenuiser à très grande vitesse, où les pièges ne demandent qu’à se refermer à votre passage. Je ne sais pas si aujourd’hui, je serais capable de reprendre une telle exploration ?

Les plongées très profondes, qu’elles soient réalisées en circuit ouvert ou en recycleur, engagent le plongeur explorateur aux limites tenues du contrôle ou non de la plongée. Au delà des 150 mètres, la décompression, le contrôle de la respiration, le risque d’essouflement, celui de l’hyperoxie ou de l’hyeprcapnie en recycleur, le risque de trop respirer et de vider ses bouteilles trop vite en circuit ouvert sont autant de facteurs délicats que le plongeurs doit contrôler. La marge de manœuvre est faible, très faible et e le moindre détail peut très rapidement prendre des proportions hallucinantes et dramatiques. Et je ne parle même pas du SNHP qui s’empare du plongeur pour ne plus le lâcher même après qu’il est quitté le fond… ! Les plongeurs à ne pas être remontés, vivant de ces abysses souterraines sont nombreux et ils sont le témoignage malheureux de l’engagement monstrueux auquel ils s’exposent. Il s’agit là d’une véritable zone de mort, comparable à celle de la très haute montagne.

L’éloignement de l’entrée lui aussi accentue la pression sur le plongeur. Là je parle d’une distance « horizontale », du parcours en kilomètres à effectuer pour atteindre la zone d’exploration et ensuite pour regagner la sortie. Dans certains cas, assez nombreux, la distance et l’éloignement peuvent s’associer à la profondeur. Plusieurs sites affichent plus de 5 kilomètres de distances et le record actuel est de plus de 9 kilomètres. Sans avoir besoin d’aller aussi loin, dépasser le kilomètre, représente toujours une barrière psychologique importante. L’éloignement pourra être plus pesant selon que la progression se fera à la palme ou en propulseur, seul ou en équipe. En effet, se retrouver à 2000 mètres de l’entrée dans une cavité « difficile » avec un parcours à la palme n’aura pas le même impacte que la même distance, mais avec un parcours plus simple en propulseur. Dans le premier cas, il faudra au plongeur environ trois heures pour ressortir, dans le second, quarante minutes environ devrait suffire.. ! Sans parler de la fatigue, de l’énergie dépensée et de l’exposition plus longue aux risques inhérents à une plongée sous terre.

Il en va de même pour la plongée fond de trou. Une simple plongée de type résurgence avec un bi bouteilles de quatre litres n’aura pas le même impact à Fon del Truffe qu’au fond d’un gouffre tel que Krubera à plus d’1,6 kilomètres de l’entrée de la cavité. Même si la plongée par elle même ne représente pas forcément un défit technique, le poids de l’éloignement vertical ou horizontal métamorphose une « petite plongée » en une « grosse plongée ». D’une part, les efforts à fournir pour atteindre le siphon sont souvent très importants et le spéléologue qui se métamorphose en plongeur n’est plus frais. Il a parfois passé une nuit sous terre, ou plusieurs comme dans les explorations à Huaulta ou au J2 au Mexique conduites par Bill Stone. Ensuite, dans les grandes profondeurs de la terre, vous partez à deux, parfois seul à la découverte de l’inconnu. Et là, d’une certaine manière, ici plus qu’ailleurs, vous n’avez pas le droit à l’erreur. Car même si dans le meilleur des, vous parvenez à vous réfugiez dans une partie aérienne en cas de problème, vous allez attendre longtemps, très longtemps que l’on vienne vous aider. Et vous sentez toutes ces heures ou tous ces jours depuis lesquels vous avez quitter la surface et la lumière du jour. Vous connaissez tous les efforts et tout le chemin exacte à parcourir pour ressortir de là. Vous savez très bien que le retour sera sans aucun doute plus dur que l’aller, la fatigue de la plongée aidant. Mais la même curiosité, le même désir de découvrir l’inconnu, vous pousse à vous immerger dans ce dernier siphon qui barre la route des explorations aériennes.

L’engagement et donc la gestion intelligente et réfléchie de la mise en danger de sa personne fait partie intégrante de l’exploration souterraine. Certains s’engageront modérément, d’autres complètement, selon… ! Cet engagement créé une tension inévitable avant chaque plongée d’exploration, le stress sans doute. Chacun se débrouille avec ça, comme il peut. Les copains aussi, ceux qui attendent au bord de l’eau votre retour et qui se font des poignées de cheveux blancs pendant votre absence. A notre époque frileuse au plus haut point, cette vision des choses, cette manière délibérée de s’exposer peut être souvent confondue avec de l’inconscience, de l’immaturité, de l’irresponsabilité. Bien au contraire pour explorer longtemps et bien, il faut sans doute montrer et posséder toutes ces qualités. Il faut trouver l’équilibre, le juste milieu entre la témérité et la sagesse. Et apprendre à supporter cette tension. Pour ma part, pour dégonfler la baudruche du stress avant la plongée, je me dis qu’à tout moment, je peux faire demi tour, que je ne suis obligé de rien, que je fais une belle ballade et que si j’en ai ma claque, je replie les gaules et je rentre à la maison. Et c’est souvent ainsi que je suis parvenu à réaliser mes plus belles explorations.